lundi 7 mars 2011

Le Voyage: J-4

Á quelle heure le train part-il ?
Á quelle heure dois-je me lever ?
Á quelle heure dois-je prendre le bus ?
Á quelle heure dois-je arriver à la gare de Saint-Pancras Internachonole?
À quelle heure le train va-t-il arriver à destination ?

dimanche 6 mars 2011

Comme un DIMANCHE

Dimanche
Enfin. Last but not least. Une vraie journée de libre.
Le ménage s’impose : j’ai faillis me casser une jambe en trébuchant sur une pile de livres. Il faudrait épousseter, balayer, nettoyer...
Il y a les épisodes de The Killing à rattraper.
Il y a la journée à Paris à planifier
Et garder un peu de temps pour réfléchir au prochain article

De la semaine qui vient de s’écouler je retiendrais (j’oublierai) les choses suivantes :
Lundi
Un froid de canard
Une montre blanche
Un carnet plume de paon
Un phở vietnamien qui réchauffe
Je finis Perec
Mardi
Un temps froid et gris
Blanche ou l’oubli d’Aragon ou Connaissance de l’Est de Paul Claudel ?
Une journée interminable : je souhaite un bon week-end en guise d’au revoir !
Emails flatteurs pour vendredi dernier
Mercredi
Ciel bleu et soleil
Je commence Le cas Bernard Faÿ d’Antoine Compagnon
Une réunion qui annonce une autre réunion plus longue
On m’attend à la réception et je passe une jolie soirée
Jeudi
Froid sibérien
Je traverse sans m’arrêter le British Museum, attristée, nostalgique
Jan Gossaert à la National Gallery : les boucles de cheveux soyeux et dorés, l’étreinte au paradis, le serpent et la pomme, les racines tordues, les jambes entrelacées d’Hercule et Deianeira
Et la signature de Dürer
Le corail et les coquillages, le gros matou et la souris aux pieds d’Adam et Eve
Les deux mamies qui commentent chaque oeuvre et qui gâchent tout !  
Il fait soleil à Trafalgar square mais se sentir légère et insouciante, c’est difficile.
Vendredi
Le Royal Festival Hall est le nouveau salon où l’on cause
C’est bon de tendre son visage vers le soleil et le ciel bleu en traversant Hungerford bridge
Un repas fameux, les toits de Londres, Nelson (de dos et de face), la serveuse du restaurant qui ressemble à Kate Middleton, le cerf qui se cache sous les petits légumes, entre nous un verre de Elderflower (la sangria anglaise ?), le vert pomme de la meilleure glace à la pistache que j’aie jamais goûtée
On se dégourdit les jambes entre Trafalgar square et Saint Paul’s
Et surtout on rigole, pour tout, pour un rien...
On a des places pour le sulfureux Frankenstein et Benedict Cumberbatch jouera le monstre ! Hou j'ai peur! (il sera nu pendant 20 minutes...)
C’est marrant d’aller à Waterloo station et de ne pas monter à bord d’un train.
Je passe une si bonne journée, je suis si détendue, que je crois, le soir, être samedi.
Samedi
Quel temps a-t-il fait ? Je n’en sais rien. Je suis restée « entre les murs » de la fac 10h d’affilée. Je mens : on s’est envoyé une pizza derrière la cravate au restau d’en face (le soleil brillait). L’article est presque fini (plus que 1000 mots to go)
En rentrant – je craignais la foule des grands jours mais le bus est bizarrement vide – je me dis que c’est vraiment bien de mener à bien un projet, d’y sacrifier beaucoup de choses.
Je suis maintenant très fatiguée.
Passer la veille au BM m’a vraiment remuée. Il y a longtemps que je n’y étais pas retournée alors qu’il était avant le centre du monde... J’ai pris tristement conscience que le boulot et sa routine m’avaient retournée comme une crêpe, à mon insu. C’est bête, mais il me manque (je sais que c’est quelque chose de moi-même qui me manque à travers lui).

Je me demande bien à quoi ressemblera la semaine prochaine ? Enfin, qui vivra verra comme on dit, et c’est bien ce que je compte faire !

samedi 5 mars 2011

Comme un SAMEDI


Ah le samedi... Pendant des années, je les ai exécrés. C’était le jour où on m’empêchait de tourner en rond. J’éprouvais un certain malaise dès que j’ouvrais les yeux en prenant conscience que le jour tant honni venait de se lever. Et puis, un jour, le malaise a disparu. Le samedi c’est même devenu le jour de la semaine où je tourne le plus rond bien que ce soit le dimanche où je suis un vrai coq en pâte.
Le samedi, normalement, on fait le ménage. Un coup d’balai par ci, un coup d’balai par là.
Le samedi, normalement, on fait la lessive. Et puis la maison prend des allures de bazar d’Istanbul avec ces vêtements qui sèchent partout.
Le samedi, normalement, on fait les courses avec son grand panier en toile de jute car on abomine les sacs plastiques.
Ou bien – le plus souvent - on remet ces taches ménagères barbantes au lendemain pour se précipiter au Curzon Soho voir un des films sortis la veille. On y mange un sandwich révolutionnaire (le contenu me ferait horreur le mardi), on grignote une tranche de cake à la carotte et à l’ananas, avec un café. On bouquine. Et puis le film. Quel régal !
Ou bien on va au cinéma Renoir à Brunswick square. Et on en profite pour faire ses courses en sortant. Mais c’est moins agréable qu’aller à Soho : là-bas, l’arrêt de bus se trouvant devant la porte du cinoche, cela permet de rentrer chez soi dare-dare en faussant compagnie à la foule du samedi dans le West End. Regarder les trottoirs encombrés en filant chez moi me comble d’aise !
Une des choses que je préfère le samedi après-midi c’est de mesurer le temps qui me reste pour faire tout ce que j’ai envie de faire en imaginant la vie d’une noctambule : il faut se préparer pendant des heures, choisir sa tenue, se pomponner ; puis on retrouve les copains ; puis on picole ; et pour finir on se déhanche sur des rythmes endiablés... le lendemain ce sera gueule de bois et grasse matinée.
A 16h, rien de cela n’a été décidé, et même à minuit, the night is young, la soirée vient à peine de démarrer... Quand elle se couchera, je me réveillerai, fraîche et dispose pour profiter de ma longue journée de dimanche...
Mais aujourd’hui c’est différent.
Au menu : photocopies et travail à la fac jusqu’au soir.
Résultat : je vais me retrouver en plein centre de Londres au moment où des centaines de personnes, leur fièvre acheteuse à peine assouvie, vont vouloir  rentrer chez elles bille en tête, des sacs pleins de fringues et de babioles à la main.
Les bus pris d’assaut, le bruit, les bousculades... L’Enfer me paraît une vallée de roses à côté de cela.  
Mais bientôt les samedis redeviendront calmes et plaisants.
Mon coeur se serrera-t-il en repensant aux couloirs de la fac déserts et aux infernales rues du West End un samedi de mars ?
Que nenni !

vendredi 4 mars 2011

Comme un VENDREDI

Ha... le vendredi... Je l’ai adoré, et puis ces deux derniers mois je l’ai maudit. Jusqu’à vendredi dernier.
Et aujourd’hui c’est le premier vendredi que je ré-adore.
C’est le jour où sortent les nouveaux films et il y en a une floppée d’intéressants qui s’annoncent. Et je vais me remettre à aller les voir à la première séance.
C’est le jour où je rencontre pleins de gens sympas...
Aujourd’hui je vais rencontrer 4 personnes que j’aime beaucoup : avec l’une je vais prendre un café, avec les trois autres je vais prendre le thé. Avec une de ces personnes je vais à la fois déjeuner et prendre le thé.
Je vais retirer un billet pour le film qui a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger.
Et si je ne suis pas trop fatiguée, j’irai au cinéma ce soir. Un documentaire.
Je vais déjeuner dans un superbe restau où l’on tutoie Nelson sur sa colonne avec une personne avec qui je me sens bien.
Je vais sûrement avoir une pensée pour vendredi dernier et vite la chasser de mon esprit.
Je vais sûrement avoir une pensée pour vendredi prochain et je sais que mon coeur va bondir à ce moment-là.
A partir d’aujourd’hui les vendredis se ressembleront, je pourrai en faire ce que je veux. Tout en sachant que je ne peux pas tout maîtriser dans ma vie, bien sûr.
Aucun soupir pour les vendredis de janvier ou de février ?
Plutôt crever !

jeudi 3 mars 2011

Comme un JEUDI


J’aime le jeudi. Depuis janvier, je l’aime même un peu plus. Je commence les cours hyper tôt. Je me lève hyper tôt. Je pars hyper tôt. Et je prends mon bus hyper tôt.
Quel plaisir de voir Londres vide et les rideaux des magasins baissés !   
Heureusement, les cafés sont ouverts, surtout celui qui concocte le-meilleur-croissant-croustillant qui se vend comme des petits pains, sauf que c’est un croissant, qui n’a rien à voir of course avec les délicieux-croissants-croustillants-français (la recette a dû couler avec le Titanic entre Boulogne et Douvres) mais que voulez-vous, faute de grives...
J’aime arriver dans une fac vide, où l’on fait encore le ménage dans les classes, où les gens à la réception me dévisagent avec des regards de chouette tant ils n’en reviennent pas de voir un prof arriver à l’aube où blanchit la campagne... Je leur vrille les tympans en leur jetant un guilleret Good Morning !!!
Je suis dans ma classe à l’heure où mes chers étudiants roupillent encore ou se débarbouillent. J’aime ce moment de paix.
Ce jeudi nous allons voir un film.
Et moi ensuite je vais voir une expo.
J’ai encore un cours bien plus tard.
Mais bientôt je n’aurais plus à me lever si tôt.
Verserais-je une larme ?
Tu parles, Charles !

PS: Télérama parle ici de The Killing, le génial feuilleton danois dont je parlais la semaine dernière et qui va commencer en France.

mercredi 2 mars 2011

Comme un MERCREDI

J’aime le mercredi. Je l’aime plus que le lundi et le mardi. Il m’appartient. Mmmmm, comme je l’aime !
Ce n’est pas que je fasse la grasse matinée : au contraire je bondis hors du lit comme un cabri sur les alpages pour profiter de toutes les fleurettes que fait pousser ce jour béni entre tous.
Ce n’est pas que je me roule les pouces : j’ai souvent un cours sympa le matin où je discute en long et en large de la différence entre l’imparfait et le passé composé ; j’ai des corrections et des préparations ; des trucs administratifs qui prennent la tête (veuillez m’envoyer..., veuillez vérifier les documents ci-joints..., veuillez contacter les étudiants qui ont fait l’école buissonnière..., veuillez me montrer votre motivation pour votre boulot de haut vol etc...).
Ce n’est pas que je reste cloîtrée chez moi dans ma plus haute tour: je prends des bus tout azimuts.
Certes, je bosse deux fois plus que le lundi et le mardi, mais je ne suis pas sous les projecteurs d’une multitude de paires d’yeux qui attendent de moi les dernières nouvelles des étoiles.

Mais aujourd’hui, c’est un peu différent, j’ai en plus une réunion en fin d’après-midi. Mince !
Mais qu’importe, j’ai ma belle montre blanche au poignet (égrénez-vous minutes réunionnesques !), j’ai mon carnet bleu rempli de hiéroglyphes japonais (je sais, je sais) ou plutôt sur le film japonais sur lequel je me suis mise à écrire...
Je vais profiter de me rendre à la fac pour transférer une tonne de livres (les moins indispensables) entre chez moi et mon beau bureau tout clair et tout beau... (Marie, j’ai mis dans mon bureau tes origamis, Christine j’ai mis le masque bleu et noir...).
L’esprit joyeux du mercredi va perdurer toute la journée je pense.
Ces mercredis « oisifs-mais-studieux » vont continuer, et leur aspect buissonnier (c’est-à-dire où je fais ce que j’aime le plus : lire, étudier, butiner, écrire) au fur et à mesure vont s’amplifier, s’amplifier, s’amplifier...
Des regrets ?
No way, Jose !

Et peut-être – un appel du pied ? – un mercredi prochain, je prendrai carrément la clé des champs (tel un cabri etc etc ) pour me rendre dans le Hampeuchayeur, vers Vinnechesteure ?

mardi 1 mars 2011

Comme un MARDI

J’aime bien le mardi. Au premier trimestre cette longue journée me crevait avant de la vivre. Je m’y suis habituée. J’adore mon premier cours du matin. Nous allons parler de grammaire et des oraux de la semaine dernière (les étudiants de toutes les langues et de tous les niveaux ont passé des oraux : ils se sont pas mal débrouillés) et du film que nous verrons jeudi ensemble.
Puis je n’aurais qu’une petite heure pour me rendre dans un autre bâtiment de la fac, pour déjeuner (d’un petit sandwich concocté par mes soins : des plus basiques, mais avec les ingrédients les plus fins de ce côté-ci du Channel) et pour décompresser avant quatre heures de cours d’affilée sans pause.
Après ce marathon, je suis fatiguée. Quand je sors de la fac, je suis confrontée à une foule compacte. On se croirait à Shibuya. Mais à Tokyo la foule est festive, ici elle est impatiente et irritée. Elle attend sur le trottoir de pouvoir s’engouffrer dans la bouche de métro.
Moi je prends le bus, une route compliquée qui m’amène près du British Museum. Pas de foule dans ce coin-là. Ma fatigue a disparu et je n’ai qu’une hâte : être mercredi.
Pas de ticket resto+film ce soir, mais une jolie soirée quand même.
Ce genre de mardis va aussi bientôt prendre fin. Seul les petites soirées cozy resteront et se multiplieront.
Une pointe de nostalgie ?
Obviously not !