lundi 14 mars 2011

Paris: J + 4

Partie à l’heure, arrivée à l’heure, repartie à l’heure et rentrée à l’heure.
Aucune anicroche, aucun contretemps, et même les pieds ont tenu le choc.
Au niveau météo, il faisait doux mais gris, et des rafales promises je n’ai pas senti le moindre souffle.
Quant au bus, la logistique était parfaite (comme par un fait exprès, un arrêt se trouvait même devant ma boutique de bijoux de pacotille préférée).
J’ai eu le temps de voir deux expos et un film, et de faire un tour dans une librairie.
Le film (Les Femmes du 6e étage de Philippe Le Guay) était sympa (j’adore Fabrice Luchini), mais pas du tout celui que je croyais aller voir. Assez lent. Et bêtement, je me suis endormie à la dernière minute... si une bonne âme pouvait me dire ce qui se passe dans cette dernière minute... Je me doute bien du dénouement mais bon...
L’expo Cranach est si belle ! Et il y avait des Dürer en contrepoint et j’adore Dürer. Et des représentations d’Adam et Eve en veux-tu en voilà, et j’adore ça. J’imaginais le Musée du Luxembourg plus grand. Je n’ai pas trop aimé la fouille en plein air des visiteurs, bras écartés comme des prisonniers rentrant de promenade. Et j’ai la manie de visiter les expos en même temps que les papys et les mamies anglais ou français. En même temps c’est une cure de jouvence et d’oisiveté.

L’expo sur les revenants au Louvre est plus que riquiqui... c’était décevant ! Mais quelle belle affiche ! Mais j’en veux à la Grande Galerie d’être si longue, et au premier étage d’un palais d’être si haut ! Surtout en fin de journée...
J’ai acheté la bio de Clemenceau, les Mémoires du baron de Besenval (je vais retourner à la National Gallery examiner son portrait par Danloux) rencontré ce Noël, un roman japonais, et le Journal de Stendhal. Parce que je manquais de temps, sinon... On vient de sortir les écrits journalistiques de Zola, Gautier et Hugo, mmmmmm.....
Dans les journaux et magazines que j’ai ramenés j’ai trouvé entre autres de quoi préparer l’examen de mai 2013 pour une classe, et j’ai vu au cinéma deux bandes-annonces de films que je vais utiliser en cours l’an prochain !
J’ai une belle bague de plus qui ne résistera pas à deux lavages de mains, et de belles boucles d’oreille.
Maintenant c’est J-36 avant que Paris soit de nouveau une fête pour moi !

dimanche 13 mars 2011

M8.9

En écoutant les podcasts d’émissions de vendredi, je me suis rendue compte que le tremblement de terre au Japon s’était passé dans la matinée, quand j’étais encore dans le train. C’est comme si, dans mon esprit, j’étais persuadée qu’il avait eu lieu au moment où je le découvrais dans Le Monde. Ainsi, on peut encore passer une journée entière dans les rues d’une capitale sans rien connaître de l’actualité la plus brûlante et on peut regretter les crieurs de journaux d’antan... « Et dire que je n’en savais rien ! » ai-je pensé en découvrant le journal dans le kiosque. C’est aussi cela qui m’a choquée, de ne pas l’avoir su en temps et en heure, tellement je suis accro à l’actualité. Je pense que c’est cette catastrophe qui va me faire basculer sur un téléphone plus « moderne » ! Qu’est-ce que le savoir aurait changé à ma journée ? Je n’en sais rien. Mais tout cela m’a fait penser au poignant poème de Frank O’Hara sur la mort de Billie Hollyday :


The Day Lady Died
Frank O'Hara, Lunch Poems (1964)

It is 12:20 in New York a Friday
three days after Bastille day, yes
it is 1959 and I go get a shoeshine
because I will get off the 4:19 in Easthampton   
at 7:15 and then go straight to dinner
and I don’t know the people who will feed me

I walk up the muggy street beginning to sun   
and have a hamburger and a malted and buy
an ugly NEW WORLD WRITING to see what the poets   
in Ghana are doing these days
                                           I go on to the bank
and Miss Stillwagon (first name Linda I once heard)   
doesn’t even look up my balance for once in her life   
and in the GOLDEN GRIFFIN I get a little Verlaine   
for Patsy with drawings by Bonnard although I do   
think of Hesiod, trans. Richmond Lattimore or   
Brendan Behan’s new play or Le Balcon or Les Nègres
of Genet, but I don’t, I stick with Verlaine
after practically going to sleep with quandariness

and for Mike I just stroll into the
PARK LANE
Liquor Store and ask for a bottle of Strega and   
then I go back where I came from to
6th Avenue
   
and the tobacconist in the Ziegfeld Theatre and   
casually ask for a carton of Gauloises and a carton
of Picayunes, and a NEW YORK POST with her face on it

and I am sweating a lot by now and thinking of
leaning on the john door in the 5 SPOT
while she whispered a song along the keyboard
to Mal Waldron and everyone and I stopped breathing

samedi 12 mars 2011

Quand la fiction rejoint la réalité

Hier matin, pendant le trajet Londres-Paris, je réfléchissais à l’article que j’écris sur les récents films d’un réalisateur japonais. Lors d’un voyage, quand le corps est coincé dans un siège, bercé par les bavardages feutrés alentours, il est plus facile à l’esprit de courir la campagne. Comme recherches annexes, j’avais dû relire des récits sur l’Atlantide dont le Critias de Platon, et une de mes dernières pensées avant de m’endormir avait été de regarder dans le dernier livre d’Emmanuel Carrère comment il avait décrit le tsunami. Je n’aimais pas trop le titre que j’avais choisi, il fallait qu’il y ait le nom de Tokyo, mais aussi qu’on sache que j’allais parler de catastrophe, d’engloutissement. A mon arrivée à Paris, près de l’arrêt de bus, j’ai avisé l’affiche d’une expo dont le titre – un jeu de mots avec un célèbre film policier – correspondait exactement à ce que je cherchais. C‘est en moins de deux secondes, en attendant le bus qui me conduirait au Musée du Luxembourg, que j’ai écrit le titre de mon futur article.
En fin d’après-midi, en me baladant au Louvre, je cherchais des yeux le réalisateur japonais qui est invité ce week-end par ce musée. Je me disais que si je le voyais, j’irais l’alpaguer et lui dire, dans mon plus beau japonais de cuisine que j’écrivais sur lui et que tatataan : voilà mon titre. Quelle belle jambe cela lui aurait fait ! Je savais bien sûr qu’il aurait autre chose à faire que de visiter le Louvre, même si c’est un Nocturne, et qu’il aurait droit à une ristourne, et qu’il était sûrement en train de disserter avec des cinéphiles de ses amis autour de ravioles au foie gras. Et je crois que même si je l’avais croisé, je me serais plus changée en statue qu’autre chose – une métamorphose qui lui aurait bien plu d’ailleurs vu la teneur de ses films !
De retour à la Gare du Nord, je suis allée faire le plein de magazines comme d’habitude... et quelle ne fut pas ma stupeur en voyant la Une du Monde sur le tsunami au Japon. J’ai été littéralement tétanisée. Tout ce qu’on retrouve dans les articles, et je m’excuse pour ce mauvais jeu de mots, apporte de l’eau à mon moulin... Et un réalisateur japonais, sous couvert d’histoires de revenants qui, à force de les visionner ne me font plus ni chaud ni froid, en parle subrepticement, mais de plus en plus clairement. Quelqu’un lui posera-t-il la question aujourd’hui au Louvre ? Malheureusement je ne serai pas là pour l’entendre.
Que c’est triste... J’ai vraiment beaucoup de chagrin.

vendredi 11 mars 2011

jeudi 10 mars 2011

Le Voyage: J-1

Je connais l’heure du départ et celle du retour. Entre les deux, la technique décidera.
Je sais que je vais voir l’expo Cranach et que c’est le bus 38 qui m’y emmènera.
Si je vois un film j’hésite encore entre Une pure affaire d’Alexandre Coffre (il paraît que c’est marrant) ou Les Femmes du 6e étage de Philippe LeGuay (on dit que c’est génial et en plus il y a le divin Luchini).
Je dois être au Louvre à 17h maximum pour voir Egypte de pierre de Prisse d’Avennes et Revenants. Images, figures et récits du retour des morts.
On prévoie qu’il fera froid et nuageux avec de brèves apparitions du soleil.
Si je ne me pose plus de questions, je n'ai presque aucune réponse.
En fait, tout est variable, incertain, approximatif, sujet à des envies soudaines, des changements d’itinéraire de dernière minute.
C’est un des charmes du voyage.
L’autre c’est d’être tout simplement ailleurs, de changer d’air, et de revenir dormir dans son lit le soir !
Tiens, il faut que je recharge mon portable et mon appareil photo !

mercredi 9 mars 2011

Le Voyage: J-2

À quelle heure limite dois-je arriver au Louvre en fin d’après-midi pour voir toutes les expos ?
Vais-je trouver dans la librairie du Louvre le livre de Michel Winock sur Clemenceau que je meurs d’envie de lire ou je le commande tout de suite?
Et où vais-je déjeuner ?
Vais-je avoir les pieds en compote ?
Va-t-il faire froid ? Comment me couvrir ?
À quelle heure le train retourne-t-il à Londres ?
À quelle heure est-ce que je dois être à la gare ?
Est-ce que le bus 48 sera là pour m’amener à bon port ?
Et si le train était annulé ?
Et s’il avait du retard ?

mardi 8 mars 2011

Le Voyage: J-3

Je dispose de combien d’heures sur place ?
Que vais-je faire entre mon arrivée et l’expo Cranach ?
Quel bus prendre pour aller de la gare du Nord au Musée du Luxembourg ?
Que faire après : une autre expo (Chagall ?) ou un film (le Luchini ?) ?
Ou rien ? Juste flâner ?
Ou aller dans une librairie ?
Vais-je amener un livre avec moi ?
Si c’est Chagall, quel bus prendre ?
Si c’est le film, joue-t-il à Odéon ?
Qu’est-ce qui joue à Odéon d’ailleurs ? (vérifier demain)
Et si au lieu de Cranach j’allais écouter Antoine Compagnon parler de Proust au Musée d’Orsay ?
Comment aller de Gare du Nord à Orsay en bus ?